Rappelons que tout au long de processus du soit disant le règlement du dossier des violations graves des droits humain, le pouvoir a toujours voulu réduire les questions de la vérité et de la justice à la simple question d’indemnisation. Il a également érigé l’impunité accordé aux criminels comme principe absolue. Quant à l’élucidation du sort des disparus, le pouvoir a escamoté le principe de la vérité en la réduisant à une simple annonce de décès sans qu’il puisse fournir aucun élément de preuve. Les familles n’ont cessé de demander l’exhumation des corps pour effectuer des analyses anthropologiques et des prélèvements pour analyse ADN
Rappelons également que le Makhzen a utilisé avec certaines famille et notamment la notre l’un des procédé les plus ignobles à savoir la falsification des données en passant par l’intimidation et enfin l’usage de la guerre psychologique. Pour cela toute une armada de nouveau serviteur du pouvoir recruté dans le cadre du CCDH et du l’ex IER. Notre famille n’a cessé de dénoncer ces procédés en apportant certains éléments de preuve
Enfin, rappelons que nous n’avons cessé de demander notre droit à l’accès aux informations collectés et au dossier constitués par le CCDH et l’IER. Le pouvoir n’a jamais jugé utile de concéder ce droit. C’est dire le mépris du pouvoir à l’encontre des familles des disparus
Constatant l’absence de volonté politique chez les plus hautes autorités de l’état pour divulguer le sort des disparus et constatant en toute logique l’inertie et le rôle négative du CCDH et de son président pour réaliser des avancées significative sur le chemin de la vérité, nous sommes dans l’obligation de considérer qu’en l’espèce la Justice transitionnelle n’est qu’un slogan ne pouvant répondre à la problématique de la disparition forcée au Maroc
Aussi, nous exhortons les organisations de défenses des droits humains tant au Maroc et notamment à l’occasion du 2ème symposium d’œuvrer pour la constitution d’une commission d’enquête indépendante pourvue de vrais pouvoirs juridique et réglementaires d’investigations et d’instructions
Notre famille considère que l’expérience des peuples montre la voie : la mémoire ne peut s’éteindre, parce que nous avons besoin de lire la page, toute la page et la mémoriser à jamais. Une page qu’on ne retourne pas parce qu’elle nous habite et nous consolide. Nous avons besoin de vérité, nous avons besoin de justice. Notre pays a besoin de vérité, notre pays a besoin de justice, notre pays a besoin de ses enfants sincères et désintéressés et il n’a aucunement besoin des criminels
Notre famille demande encore une fois et d’une manière urgente
La divulgation du sort des disparus de tous les disparus et la libération des vivants d’entre eux
l’accès aux dossiers constitués par l’ex-IER et sans restriction afin d’exercer notre droit au contradictoire
l’identification par ADN et la restitution des dépouilles aux familles
la publication des listes des disparus dont le sort reste encore inconnu et l’information des familles en leur permettant d’accéder à toutes les informations collectées concernant les leurs

