Pourquoi tant de haine et tant de hargne à combattre une organisation alors qu’ils prétendent qu’elle est un "groupuscule ultra minoritaire" ?
La réponse est claire : Annahj Addimocrati a le courage de dénoncer les manœuvres et les complots ourdis par le makhzen, ses turpitudes et les comportements mafieux qui gangrènent cet appareil d’oppression, d’injustice, de prédation, de pillage, de racket et de tyrannie. Annahj Addimocrati défend, bec et ongles et pas seulement en paroles mais sur le terrain des luttes, les aspirations du peuple marocain à la démocratie, la liberté et la vie digne. Annahj Addimocrati se bat, aux côtés des forces vives de ce pays, pour que le makhzen ne fasse pa avorter les espoirs de changement démocratique et social portés par le mouvement du 20 férier
C’est pourquoi Annahj Addimocrati n’a que mépris pour ces chiens de garde du makhzen, ces baltagias de l’information qui n’ont aucun scrupule à transformer l’intervention d’Annahj Addimocrati devant le Parlement Européen consacrée au bilan du règne de Mohamed 6 en manifestation de soutien au Polisario atteignant ainsi le summum de la désinformation et du mensonge le plus éhonté
Par contre, et par respect pour l’opinion publique qui doit être informée, nous publions ci-après le texte intégral de intervention d’Abdallah El Harif devant le Parlement Européen le 22 mars 2011
Bilan de 11,5ans de règne de Mohamed 6
L’avènement du roi Mohamed 6, en 1999, avait soulevé des espoirs de rupture avec le règne du roi Hassan 2 et d’un véritable engagement du pays sur la voie de la démocratie.
Certaines initiatives pouvaient faire croire que la volonté du roi allait dans le sens du changement démocratique.
En effet, dans ces discours, il insistait sur le respect des droits de l’homme, la démocratie véritable le nouveau concept de l’autorité. Mohamed 6 semblait se démarquer de son père :"Moi c’est moi et lui c’est lui" disait-il.
De plus, certains actes avaient une portée symbolique forte:
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Retour d’exil d’Abraham Serfaty.
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Levée de la résidence surveillée d’Abdesselam Yassine guide d’EL ADL WAL IHSSANE (Islamiste)
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Limogeage du tout puissant ministre de l’intérieur Driss El Basri.
Certains chantiers semblaient témoigner de cette approche réformatrice :
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Création de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) pour traiter des violations graves des droits humains entre 1956 (année de l’indépendance) et 1999 (avènement de Mohamed 6)
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Mise en place de l’Institut Royal pour la Culture Amazigh (IRCAM) visant la promotion de la langue et la culture Amazigh
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Réforme du statut de la femme.
Sur le plan social:
- création de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) destinée à combattre la pauvreté.
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Promulgation d’un code du travail
Sur le plan économique :
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Politique des grands chantiers d’infrastructure :
+ Tanger Med (Port de transbordement des conteneurs)
+ Développement des réseaux routier, autoroutier et ferroviaire
+ Création des zones industrielles, des zones franches, offshoring
+ Mise en place de plans sectoriels : Plan Azur (Tourisme) Plan Maroc vert (agriculture).
Mais ces initiatives n’allaient pas tarder à révéler leurs limites et avoir, pour ce qui est des politiques économiques et sociales, de graves répercussions sur les conditions de vie de l’écrasante majorité de la population.
Sur le plan politique :
Le roi s’entoure de conseils consultatifs et accapare tous les pouvoirs executifs :
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L’IER ne pourra pas faire la lumière sur les crimes politiques commis pendant les années de plomb (le sort des disparus est toujours inconnu) et refusera le jugement des responsables de ces crimes cautionnant ainsi l’impunité. De plus, ses recommandations, en dépit de leurs limites, resteront lettre morte.
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L’IRCAM, malgré quelques avancées timides, se révélera incapable d’imposer la langue Amazigh comme langue officielle à côté de l’Arabe et la culture amazigh comme culture nationale.
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Les progrès du statut de la femme seront contrecarrés par la nature théocratique du régime et la pression des islamistes.
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Le régime refusera tout changement de la constitution du 1996 qui donne un pouvoir absolu au roi, confine le parlement dans le rôle d’une chambre d’enregistrement et le gouvernement dans le rôle d’exécution des directives royales et de gestion des affaires courantes
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Les instances locales élues resteront sous la pesante tutelle du ministère du l’intérieur
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La loi et le découpage électoraux anti-démocratiques continueront à favoriser les tenants du pouvoir (en particulier les notables ruraux).
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Les élections resteront contrôlées par le ministère de l’intérieur et reposeront sur des listes électorales truquées.
Sur le plan économique:
Application des politiques néolibérales : Déréglementation, désengagement de l’Etat des secteurs économique au profit des multinationales et d’une petite minorité avec à sa tête la famille royale, désengagement de l’Etat du domaine social.
les politiques appliquées vont accentuer la dépendance économique du pays vis-à-vis de l’étranger, dont la dépendance alimentaire(les besoins du pays en blé, sucre, huile, lait sont largement dépendants des importations),désarticuler encore plus un tissu industriel fragile, entrainer un développement effréné de la spéculation immobilière ,financière et commerciale et un accaparement sans précédent des terres collectives et de l’Etat (SODEA et SOGETA).
Si de meilleures infrastructures et conditions physiques d’accueil des investissements sont créées, les conditions institutionnelles sont absentes: rapacité des proches du palais, justice et administration corrompues et inefficaces.
Aussi l’économie restera tirée surtout par les investissements de l’Etat. Les différents plans sectoriels auront des résultats très mitigés: l’objectif peu ambitieux de 10 millions de touristes par an restera hors de portée. Cette situation est aggravée par la crise économique mondiale.
Sur le plan social :
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L’INDH ne pourra pas juguler la progression de la pauvreté (le classement du Maroc dans l’indice du développement humain a régressé de la 123ième place en 2005 -année du lancement de l’INDH- à la 130ième place en 2009)due à la fragilité et la dépendance du tissu économique frappé par la crise de l’économie mondiale et aux choix économiques (déréglementation, ouverture incontrôlée à l’extérieur, pari sur le développement des services : tourisme, offshoring, finance et les investissements étrangers ..) ; et aux mesures sociales (désengagement de l’Etat du secteur social entrainant une très grave détérioration des services sociaux publics : enseignement, santé, logement,… code de travail facilitant les licenciements…)
Ceci va conduire à la paupérisation de l’écrasante majorité du peuple (28% de la population vit dans une misère extrême), et même d’une grande partie des classes moyennes qui ne survivent que par un recours massif à l’endettement.
Cette situation de régression sociale suscite un mécontentement populaire qui va se traduire par :
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La montée des lutes ;
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luttes quotidiennes dans de nombreuses régions des diplômés chômeurs
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lutte ouvrière contre les licenciements et en défense des acquis sociaux et pour l’augmentation des salaires.
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Lutte des étudiants pour un enseignement public gratuit et de qualité ;
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Lutte des laissés pour compte: habitants des bidonvilles pour un logement décent, habitants des régions délaissées contre l’extrême misère qu’ils vivent : Sidi Ifni, Sefrou, le Rif, Tounfit, Tinghir, Bouarfa…
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Lutte du mouvement des droits humains et à sa tête l’AMDH, pour les droits politiques, civils, économiques, sociaux et culturels.
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Lutte du mouvement Amazigh
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Lutte des Sahraouis
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Le boycott massif des élections (83% de la masse électorale aux élections législatives de 2007), car le jeu politique organisé par le régime est stérile et sans enjeu.
La réponse du régime à ces mouvements de protestations et aux forces qui les soutiennent allait s’articuler autour des axes suivants :
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D’abord et essentiellement, la répression :
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des diplômés chômeurs : tabassage des participants aux sit-in, arrestations, condamnations à des peines lourdes et iniques
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des étudiants : arrestations, condamnations à des peines injustes, investissement des campus universitaires par les forces de répression.
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des ouvriers en sit-in, en grève,…
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des militants des droits humains en particulier de l’AMDH.
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Des islamistes : tortures, procès et condamnations iniques.
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Des sahraouis réclament le droit à l’auto- détermination au Sahara Occidental ou l’amélioration de leurs conditions de vie.
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des journaux et journalistes indépendants de l’Etat et critiques de la politique officielle: incarcération de plusieurs journalistes interdiction de plusieurs journaux par des voies détournées, (le Journal Hebdomadaire…)
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des habitants des bidonvilles, et des régions délaissées : arrestations, condamnations à des peines lourdes et injustes.
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Quasi interdiction de l’accès des forces politiques et sociales de la vraie opposition aux médias audio- visuels et à la presse publics.
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Promulgation de lois liberticides : lois contre le terrorisme, code de la presse et code des libertés publiques.
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Ensuite le recours à la question du Sahara pour tenter de criminaliser la protestation populaire censée affaiblir le front intérieur contre l’ennemi et pour créer une unanimité nationale.
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Enfin la création par l’ami du roi, Fouad Ali Al Himma, d’un parti politique ayant des visées hégémoniques, doté des moyens colossaux par l’Etat et utilisant la proximité de son fondateur avec le roi.
Ainsi, le Maroc s’enfonce de plus en plus dans une situation de blocage et de fort mécontentement populaire caractérisé par :
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Un pouvoir royal absolu, le despotisme et l’arbitraire d’un appareil makhzen omni présent et tout puissant, la démocratie de façade ne pouvant exprimer le revendications et aspirations populaires, la répression féroce, la monopolisation des champs politiques, religieux, économiques par le pouvoir, la corruption généralisée, la situation sociale explosive, la crise économique exacerbée par la crise du capitalisme mondial.
C’est dans ce contexte caractérisé par la montée du mécontentement et des luttes populaires qu’ont éclaté les révolutions populaires dans le monde arabe. Il est normal, de par la ressemblance entre les situations des peuples de cette région sur le plan social, les liens historiques qui les unissent et la communauté de destin qu’ils ressentent, qu’elles trouvent un fort écho au Maroc. Les jeunes ont pris l’initiative de créer le mouvement du 20 février qui appelle à des sit-in et marches dans toutes les régions du Maroc pour revendiquer la dignité, la liberté et la démocratie.
La réponse du régime, avant le 20/2 a consisté en :
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Tentative de discréditer et diviser le mouvement du 20 février
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Intimidation de jeunes et pressions sur leurs familles
- Initiatives :des mesures à caractères social (création d’un conseil économique et social, subvention à la caisse de compensation pour soutenir les prix de produits alimentaires de base et du carburant, création de quatre mille emplois).
Le 20/2, les manifestations ont été pacifiques et généralisées à toutes les régions du Maroc. A la fin des manifestations , lepouvoir a laissé faire les casseurs dans plusieurs villes, puis a durement réprimé (assassinat par la police d’un manifestant et tentative d’assassinat d’un autre à Sefrou, arrestations et condamnations à de lourdes peines de plusieurs manifestants…).
Devant l’ampleur des manifestations, la détermination du mouvement du 20/2 et la création par plusieurs forces politiques, syndicales, des droits humains et associatives du Conseil National d’Appui au Mouvement du 20 février, le roi a annoncé, le 9 mars, une révision de la constitution.
Ce qui appelle les remarques suivantes :
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Au lieu d’une assemblée constituante, c’est une commission nommée par le roi qui va élaborer la constitution. Ce sera donc une constitution octroyée, à l’instar des constitutions précédentes.
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Le statut de roi en tant que commandeur des croyants est préservé avec les pouvoirs exorbitants qui lui sont conférés, aggravés par leur caractère sacré, Ce qui est en contradiction avec deux principes démocratiques fondamentaux:
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Le premier principe est que le peuple est détenteur de la souveraineté et source de tous les pouvoirs. Le deuxième est que celui qui gouverne est responsable et comptable de ses actes et décisions.
Par ailleurs, l’instauration d’un climat d’ouverture, de dialogue et de confiance aurait demandé de :
-Libérer les prisonniers politiques
-Ouvrir les média publics à toutes les opinions
-Lever l’impunité pour crimes politiques et économiques
-Annoncer des mesures sociales courageuses : augmentation des salaires pour faire face à l’érosion du pouvoir d’achat, amélioration des services sociaux publics : enseignement, santé, logement.
-Combattre l’économie de rente et mettre fin à la monopolisation de l’économie par la famille royale.
Au lieu de cela, la répression s’est abattue de façon plus féroce, après le discours du roi du 9 mars, sur toutes les forces manifestant leur volonté de continuer le combat pour une démocratie véritable et une vie digne pour tous les marocains (répression, le 13 mars, de toutes les manifestations auxquelles le mouvement du 20 février a appelé, la violence policière a été particulièrement sanglante à Casablanca).
Ce qui conduit à se poser des interrogations sur la volonté réformatrice du régime et rend d’autant plus impératif d’intensifier la pression et la mobilisation à l’intérieur du Maroc et plus nécessaire et pressant le soutien de l’opinion publique et des démocrates à l’étranger, et en particulier en Europe

