"L'accès à la culture: un enjeu politique.Car l'éducation est l'arme la plus puissante que vous pouvez utilser pour changer le monde" MANDELA
Que les intellectuels osent...
Les forces conservatrices l'ont bien compris, c'est pourquoi elles font tout pour inculquer aux futures générations une culture abrutissante, une culture d'assujettissement, une culture du fatalisme, une culture obscurantiste, une culture a-historique... elles apprennent à nos enfants à "penser" avec les moyens d'il y a des siècles, à éviter le questionnement, le raisonnement, l'innovation, à ne regarder que par le rétroviseur, à n'exister que grâce à un passé (lui-même déformé par le rétroviseur en mauvais état), c'est pourquoi, si on continue ainsi, nous resterons toujours dans la médiocrité, dans "l'impasse" de l'Histoire, attendant une remorque qui ne pourra en aucun cas venir du ciel, mais des "impies". La stérilité ou la fécondité des sociétés est le fruit de leur développement culturel, de la qualité de leur savoir, du contenu scientifique de l'enseignement dispensé, de la liberté d'expression, de la liberté de croyance...L'une des causes des trébuchements des forces progressistes marocaines c'est qu'elles ne sont progressistes qu'en politique. Elles sont conservatrices en théorie, en idéologie, en culture, en pratiques sociales, en relations humaines. Sous prétexte de ne pas "choquer la société", de respect de "nos valeurs", de " notre spécificité", les politicards et surtout nos "intellectuels", nos "artistes"...se comportent objectivement en avocats de la médiocrité, de l'immobilisme, du conservatisme.
La révolution française de 1789 s'était faite dans le bouillonnement politique-culturel ( déclenché des années avant par Diderot, Voltaire, Rousseau...qui avaient osé remettre en cause tout l'édifice en place et sous tous ses aspects. Un "Jacques le fataliste" de Diderot avait certainement joué un rôle aussi important, sinon plus que, des dizaines de discours politiques enflammés). La révolution bolchevique de 1917, est l'aboutissement d'une lutte de classes non seulement politique, mais aussi idéologique, l'aboutissement d'un épanouissement culturel (nonobstant sa couleur de classe sociale): Tolstoï avec "la guerre et la paix", "Anna Karinine"..., Dostoïevski avec "l'idiot", "les frères Karamazov"...Tchekhov, Gogol, Pouchkine, maxime Gorki ("la mère" a joué un rôle dans le processus révolutionnaires plus important que beaucoup de dissertations enflammées de certains politicard d'alors)...
Au Maroc d'aujourd'hui, avec le mouvement du 20 février, mouvement essentiellement politique, mouvement dirigé avec raison contre la tyrannie monarchique, les militants progressistes ne doivent en aucun rester cantonnés dans les luttes politiques (teintées de luttes syndicales et sociales), ils doivent s'attaquer au carcan idéologique, à l'édifice culturel...la lutte pour la laïcité, pour les droits de la femme, pour Tamazight, pour le droit de croyance...est incontournable pour édifier un autre Maroc.
Les intellectuels doivent oser REMETTRE TOUT EN CAUSE, sinon ils resteront toujours esclaves du conservatisme. Chercher la considération du peuple et non celle des tyrans. Soyez le miroir de la société dans sa complexité et non une petite "glace" ayant pour rôle l'embellissement artificiel des visage hideux des bourreaux
Ali Fkir (5 février 2012)

